« Un peuple épris de lumière et de liberté »

Ainsi la militante anti-islamique Mona Jafarian a-t-elle qualifié ses compatriotes iraniens dans un entretien mené avec elle par Rebecca Fitoussi en mars 2026 dans l’émission « Un Monde-Un regard » sur la chaîne « Public Senat ». Elle y a précisé que « son peuple » épris de liberté et de vérité, a été « tyrannisé et massacré » pendant près d’un demi-siècle par le régime obscurantiste des Mollahs.

Iranienne, elle  avait été emmenée dans notre pays en 1982, à l’âge de 18 mois, par sa mère d’origine kurde, enceinte de son jeune frère. C’était au début de la soi-disant République islamique de l’ayatollah Khomeiny. Son père perse très francophile, admirateur de Victor Hugo et du régime séculier de la République française, seule au monde à s’être donné ce statut, avait soustrait sa femme et ses enfants la République bigote de Khomeiny. Il était resté lui, homme d’affaires perse, en Iran pour protéger ses biens. Dans son enfance et sa jeunesse, Mona est revenue plusieurs fois  en Iran revoir son père. Elle ne s’est pas coupée de son pays et de sa culture, loin de là, mais elle maîtrise à la perfection la culture française et européenne.  Elle a cofondé en 2022 le collectif féministe et laïque « Femme Azadi », Azadi signifiant Liberté en farsi, la langue de l’Iran. Elle défend la médiation démocratique que propose le prince Reza Pahlavi, fils du dernier Shah d’Iran, exilé et décédé. La mort de la jeune Iranienne d’origine kurde Mahsa Amini tuée par les coups des bourreaux à la solde de Khamenei pour avoir laissé dépasser une mèche de son voile islamique, avait été un élément déclencheur de son engagement.

Mona Jafarian lutte contre l’inégalité hommes-femmes qui est le talon d’Achilles de l’islam et causera la ruine de la religion de Mahomet. Parlant à la journaliste française, elle a déploré que les militantes féministes du Monde libre ne se soient guère engagées en faveur des femmes iraniennes quand le régime a écrasé en 2022 leur révolte « Femme, Vie, Liberté ». De même, la gauche européenne oublierait aujourd’hui, pour peu, le massacre des manifestants pacifiques les 8 et 9 janvier décrété par Ali Khamenei. « Je ne sais si l’on comprend ce que ça veut dire que 36 000, 40000, 50 000 personnes aient été tuées en deux jours, deux nuits. Des milliers de jeunes sont dans les geôles, condamnés à mort. Ils risquent d’être pendus, parmi eux des enfants et des jeunes de 15 à17 ans. Alors qu’est-ce qu’on fait ? On en appelle à l’ONU ? On attend encore la mort de centaines de milliers d’Iraniens ? On est bien intervenu au Kosovo sans l’ONU, à l’intérieur de l’OTAN ! Alors ? », lance Mona. Et de rappeler les tortures et les terribles viols de masse. Allusion au fait que les femmes condamnées à mort par la « justice » très expéditive des Mollahs sont soumises à des viols collectifs par leurs gardes-chiourme avant d’entre pendues.

De façon très argumentée et réfléchie, elle est très opposée à toute négociation tissée de mensonges et faux-fuyants avec les tenants actuels du pouvoir en Iran. De même, elle critique l’invocation du  droit international invoqué par des Pays européens contre l’attaque lancée enfin en Iran par Trump et Netanyahou. « On nous dit : faites-appel à l‘ONU, rapporte-t-elle. Mais quelle ONU ? Celle qui a mis la République islamique d’Iran à la tête de la Commission des droits des femmes ? A la tête du forum du désarmement atomique alors que la dite République représente aujourd’hui une des plus grandes menaces nucléaires ? Aujourd’hui le régime iranien est dans la Commission des droits de l’homme des Nations-Unies. On a dû signer des pétitions par centaines de milliers   pour empêcher la République islamique de venir parler à la tribune de l’ONU après le massacre du 7 octobre 2023 ». Massacre de 1 200 personnes perpétré dans le Sud d’Israël par le Hamas pro-iranien et quasiment pardonné par l’ultragauche française.

Le dévouement obstiné de la gauche française et européenne aux meurtriers islamistes sidère Mona Jafarian. Quand l’Ayatollah Khomeiny, avait été hébergé de longs mois en hôte de marque à Neauphle-le-Château par le président Valéry Giscard d’Estaing, « on l’avait présenté aux intellectuels français comme le nouveau Gandhi, le libérateur, le Saint homme. Il a obtenu 130 interviews en 72 jours. On se demande comment, à ce moment-là, tant de personnes se soient trompées sur Khomeiiny et aient soutenu ce régime ». Un régime qui bénéficie aujourd’hui encore des sympathies secrètes de l’ultragauche européenne, tout au moins sous ses déguisements palestiniens (le Hamas) et libanais (le Hezbollah), précisons-le pour elle. Quand la République islamique s’est installée en Iran, en 1979, l’Occident des Valéry Giscard d’Estaing,  des Jimmy Carter, des Obama et autres avaient les cartes en main. Mona Jafarian, historienne, mentionne les documents aujourd’hui déclassifiés confirmant que les Etats-Unis du président Jimmy Carter ont négocié avec l’armée iranienne la promesse de celle-ci de ne pas intervenir en Iran contre le retour de Khomeiny. Il fut alors ramené au pays dans le fameux avion d’Air-France frété par Giscard d’Estaing. Et l’indulgence aveugle avec son régime sanguinaire et celui de son successeur Ali Khmenei s’est maintenue. Quand Obama a négocié avec les mollahs l’arrêt illusoire de la fabrication de l’arme nucléaire, relate Mme Jafarian, « les Iraniens sont descendus dans la rue et ses sont fait massacrer, déjà à cette époque, et là ils ont envoyé un message aux USA pour leur dire : Ne négociez pas  avec eux. Tenez-vous à nos côtés, qu’on en finisse ! Obama a répondu : « Nous vous entendons, on est avec vous ». Et il a pourtant négocié l’accord nucléaire en profitant de la faiblesse du régime iranien à ce moment-là. Donc, les Iraniens disent : nous avons subi trahisons sur trahisons. Mais voilà qu’on a un maintenant un président américain qui dit : « Intervenons pour renverser le régime. Renvervons la table ». Alors ?…»

Mona Jafarian se défend d’être sourde aux critiques, mais peut-on reprocher au peuple iranien « de remercier Trump et Netanyahou qui sont diabolisés en France depuis des années. C’est la différence entre les gens qui vivent en démocratie et ceux qui vivent sous un régime islamique barbare. Je ne vous dirai pas : « Trump est un grand humaniste,  il est magnifique pour les droits des femmes,  pour les droits des minorités ? Ce n’est absolument pas  cela. Mais Trump est le président américain qui a décidé d’y aller. Ce que retiennent les Iraniens, c’est que, là où tout le monde nous tournait le dos, Trump a agi ».  Nous ne pouvons citer intégralement cette longue interview qu’il faut écouter sur Internet, car cette femme étonnante dont le franc-parler et la clarté de vues se distingue de la diplomatie « bisounours » dont nous abreuvent nos dirigeants pour nous faire croire qu’ils nous protègent. Evidemment, Mme Jafarian n’est pas en charge d’un Etat. Mais ce qu’elle dit remet les pendules à l’heure et ouvre les yeux. Cela nous fait du bien.

Citons encore quelques-unes de ses phrases : « Le massacre des 7 au 9 Janvier (perpétré, répétons-le, soulignons-le,  sur ordre d’Ali Khamenei et de son fils Alireza Khamenei qui lui a succédé officiellement le dimanche 8 mars 2026 comme guide suprême), est l’un des plus  graves de l’histoire moderne des Iraniens. Il les a marqués d’un traumatisme qui restera. Le frappes aériennes  qu’il  provoquées contre ses auteurs ont ramené l’espoir qu’on puisse venir à bout de ce régime. Deux jours avant les frappes déjà, les étudiants iraniens avaient recommencé à manifester, à scander les appels, prêts à repartir à l’assaut contre le régime. IL ‘y aura aucune marche arrière, comme déjà après la mort de Mahsa Amini, et sûrement pas après ces massacres.  Une phrase a parcouru l’Iran : « Il y a un océan de sang entre ce régime et nous ».

« Les instructions israéliennes et américaines sont assez claires, dit-elle encore : Restez chez vous, restez  à l’abri. Quand on en aura fini, on vous donnera le départ, ce sera à vous de jouer ». « Mais que fera l’armée ? », lui demande la journaliste. L’armée, Atesh en Iran, « est composée en très grande majorité d’appelés, répond-elle, dont un grand nombre manifeste la nuit et revient dans la journée dans les casernes. Ils sont prêts à descendre dans la rue. Les Iraniens misent sur cette aide de l’armée régulière et sur des défections au sein du régime ». Elle cite des preuves concrètes de défections dans les rangs des Pasdarans et des bassidjs pour conclure : « Maintenant, une brèche et ouverte à l’intérieur du régime et la révolte populaire ne faiblira pas ».

Loin d’appeler à un massacre des fidèles du régime islamique, Mona Jafarian préconise la réunion d’un Tribunal de Nuremberg en Iran après la victoire populaire  pour juger les principaux criminels afin de stopper un chaos sanglant et interminable une fois leur régime détrôné. Car la paix sociale et internationale.

(Propos recueillis par « C’l’Europe ». Mars 2026) Nous renvoyons à l’interview intégrale :

https://www.publicsenat.fr/emission/un-monde-un-regard/mona-jafarian-porte-voix-du-peuple-iranien-e19