70 ans depuis le 11 novembre 2025. Friedrich Merz est né en 1955 à Brilon, petite ville de Rhénanie-Westphalie. C’est là qu’Helmut Kohl l’avait adoubé comme son successeur en convoquant en ce lieu une grande réunion électorale dans les années 1980. Mais c’était avant la réunification allemande de 1990. Kohl n’avait pas misé sur l’Allemande de l’Est Angela Merkel.
Ses adversaires évoquent son âge depuis qu’il a exprimé son désir, le jour du mercredi des Cendres 2026, de briguer un second mandat en 2029. Pour mémoire rappelons que le mandat de chancelier dure en Allemagne quatre ans et non pas cinq comme celui de président en France. De plus, le chancelier est indéfiniment rééligible alors que le président en France ne peut être élu à son poste que deux fois de suite, comme l’a fait Macron. Dans un élan très français de démocratie illimitée et d’américanisme, Nicolas Sarkozy avait fait limiter le mandat présidentiel français à deux années consécutives.
Le vendredi 20 février 2026, Merz a été réélu pour la 3ème fois président de son parti chrétien démocrate (la CDU), plus sa fonction de chef de gouvernement allemand. On n’a pas manqué de lui dire qu’il est le chancelier allemand le plus âgé de tous depuis que la fonction existe. Excepté évidemment Konrad Adenauer qui a quitté en 1963, à 87 ans, cette fonction qu’il occupait depuis 1949. Merz a répondu sur le ton du « pourquoi pas ? » que son père venait d’avoir 102 ans en janvier 2026. Alors grâce à la longévité génétique… Mais sans certitude absolue…
Dès son retour au gouvernement en 2025, des adversaires l’ont traité injustement d’«homme du passé » vu son âge. Le jeunisme est roi… avec sa part d’immaturité. La dernière fonction politique de Merz avait été, au début du siècle, la présidence du Bundestag allemand, équivalent de l’Assemblée Nationale en France. Or, Merz n’a guère vieilli. Il a l’air en pleine forme. C’est certain que, comme chancelier, il n’aurait pas commis des erreurs graves de la chancelière Merkel, telle la sous-estimation de la crise financière de 2008 que Sarkozy fit comprendre à Merkel, telle l’abolition radicale de l’énergie nucléaire civile en 2011 et comme l’immigration incontrôlée de 2015.
Avec la présidence du Bundestag comme tremplin, Merz aurait pu succéder à Helmut Kohl (chancelier de 1981 à 1998). Mais il y eut l’intermède Gerhard Schröder (social-démocrate SPD, élu chancelier en 1998). Mais sa rivale dans la CDU, Angela Merkel, l’avait fait expulser Merz de son poste en 2002. Elle succéda elle-même à Kohl à la tête de la CDU en 2002 puis à Schröder à la chancellerie en 2005 où elle est restée jusqu’en 2021. Merz avait pris dans l’intervalle un congé pour accomplir une carrière très réussie d’avocat international. On le croyait définitivement retiré de la politique. Or, en 2021, le social-démocrate SPD Olaf Scholz a succédé à Merkel. Personnage assez falot, il n’a tenu qu’un mandat, jusqu’en 2025, à 67 ans. Revenu dans la course, Merz l’a battu en 2025.
Merz peut parfaitement être réélu chancelier en 2029, puis à nouveau en 2033, et ainsi de suite, tandis qu’Emmanuel Macron quittera son poste en mai-juin 2027 sans espoir de retour n’étant pas rééligible en France. Macron a fait une bonne politique pour défendre l’Ukraine au nom de l’Europe mais il a galvaudé ses chances de succéder à Ursula von der Leyen à la tête de l’Union Européenne comme il en était visiblement tenté. Il s’est discriminé en échouant dans son propre pays et en reconnaissant la Palestine sans avoir consulté ses deux principaux partenaires européens, Friedrich Merz et Georgia Meloni. Ils étaient hostiles à cette initiative. Et ce n’est pas leur seul reproche envers lui.
Finalement, le grand avantage de Merz, c’est la durabilité. Comme l’a méchamment souligné Donald Trump les jours de Macron à la présidence de la France sont comptés. Pour diriger l’Europe, il faut avoir un long avenir devant soi et l’on voit bien que Merz et son Allemagne assument de plus en plus la direction de l’Union Européenne où la France passe au second rang. (C’l’Europe. JPP. Février 2026)
