Iran : la longue attente de la liberté

L’homme qui venait du froid 

Donald Trump est-il « l’homme qui venait du froid » ? Quelques personnes le pensent ou le croient. Cette formule de l’écrivain britannique John Le Carré[1] qui désignait un espion soviétique, peut-elle s’appliquer à l’actuel Président des Etats-Unis ? L’homme le plus puissant du monde est-il tenu en laisse par un Etat hostile aux USA et à l’Union Européenne ? L’a-t-il caché à ses électeurs ? C’est inconcevable ! La « Washington Post », assure-t-on, a déconstruit cette allégation extravagante. Trump ne peut être un agent russe, voyons ! S’il a été « contacté » par les services secrets soviétiques, le KGB, alors qu’il n’était encore rien, serait-il dépendant de la Russie et de son maître, Vladimir Poutine, (2) alors que, devenu-Président américain, il serait plus puissant que celle-ci ?  

Néanmoins, dans son livre « American Kompromat » (en Russe, « l’Américain compromis »), le journaliste et auteur américain Craig Unger a qualifié Trump en 2021 d’ « agent dormant » du Kremlin. Un agent dormant est affilié au KGB, mais on le laisse en sommeil jusqu »à ce qu’il ait atteint une position-clé dans son pays. Homme d’affaires quadragénaire à l’époque, il  aurait été recruté à Moscou en 1987, sous le nom de code « Krasnov » (le beau). Il s’était « compromis » dans le lit d’une « hirondelle » [2] Mais la source de Craig Unger est incertaine. Ceci dit, dans un article en anglais du 13 mars 2025 publié dans « Euroverify », Estelle Nilsson-Julien, journaliste d’Euronews et de France 24, va dans le même sens. De même que le livre incontournable de Régis Genté « Notre homme à Washington » (Editions Grasset) sorti en octobre 2024.

Basé à Tbilissi en Géorgie, Genté est correspondant sur le monde russe sud-caucasien de « Radio France International » et écrit dans divers journaux, « Figaro », « Monde Diplomatique » notamment. Très convaincant, il n’affirme pas que Trump est un agent proprement dit, mais un contact confidentiel  de Poutine. Il a bénéficié de deux dons bancaires généreux de la Russie. Il a des relations fructueuses dans  la maffia russe proche du Kremlin avec lequel il partage une vision  géopolitique et une longue relation. Tout cela n’est pas très clair. Une interview de Régis Genté diffusée sur France Inter le 4 mars 2025 à 13 h 30 vaut la peine d’être écoutée. (JPP. 27/06/2025)


[1] David John Moore Cornwell, romancier britannique sous le pseudonyme John Le Carrré, né en 1931, mort en 2020, avait été recruté par l’Intelligence Service à Hambourg où il était diplomate. Il a travaillé dans l’espionnage britannique au MI5 et au MI6. Son roman « L’homme qui venait du froid » paru en 1962 a été un succès mondial.

[2] Résident du  KGB en Allemagne de l’Est (à Dresde) au grade de capitaine dans les années 1985-89, puis chef du FSB en Russie avec le grade de colonel dans les années 1990, Poutine s’est hissé depuis 2001 au rang de Président de la Fédération de Russie. Police politique et service d’espionnage soviétique de 1954 à 1991, le KGB rebaptisé FSB en 1991 a été scindé entre le SVR, branche de l’espionnage hors frontières, placé sous l’autorité directe du Président de la Fédération, et le FSB qui est un ministère, mais aussi une armée et une police de l’intérieur chargée de surveiller les Russes notamment l’opposition anti-dictature..

[3] Surnom à l’époque des séductrices professionnelles du KGB.


Iran: la longue attente de la liberté

Que veut donc Donald Trump ? Président des États-Unis en 2016-2020, il a été réélu après la pause constitutionnelle de 4 ans, le 6 novembre 2024. Nous lui devons trois spectacles exceptionnels. Il a nié avoir mis en scène le premier. Il semble avoir été victime du second. Le troisième a été une opération secrète et nocturne aux antipodes des États-Unis. dont il a pu se glorifier.


Trump, ce grand enfant de 1,92 m descendant d’immigrants allemands aux États-Unis, est un pur produit de la politique-spectacle. Businessman chronique qualifié de « boutiquier » mais politicien de raccroc jouant à embrouiller les cartes en alternant le chaud et le froid, il est du même calibre que les despotes qu’il affronte. Sauf qu’à la différence de Poutine et de Khamenei, il n’est pas un « serial killer ». Du moins pas volontairement. Il veut surtout jouer dans la cour des grands. Adossé à l’hyper américanisme, il dédaigne les petits Etats étrangers, sauf éventuellement les richesses de leur sous-sol et leur position stratégique. Que la Russie aie plus de km carrés que les USA, le dérange. C’est pourquoi il lorgne le Canada et le Groenland qui lui donneraient cette dimension. Et si le Panama s’y ajoutait avec son Canal, il contrôlerait le trait d’union entre les deux grands océans.

Trump apprécie les chefs de grosses entreprises et de grands Etats,. Il n’a guère de considération pour les officiers supérieurs, les grands intellectuels et artistes, et vit loin des petites gens. Schizoïde léger, il est colérique et flegmatique, passe brusquement du sourire à la grimace, de l’amitié à l’agressivité,. Il est clément envers ses chiens fidèles qui lui lèchent la main, cravatés et bien mis, alors que lui se permet des fantaisies vestimentaires telles sa casquette rouge Base Ball estampillée MAGA. Il ne peut que mépriser Zelensky-le-petit, mal fagoté d’un uniforme ukrainien sans veston. Imbu de sa personne et de sa réussite, sans doute Trump supporte-t-il mal la contradiction. Même pas celle d’Elon Musk qui a le malheur, d’être infiniment plus riche que lui et corporellement de taille supérieure à la sienne. Mais il faudra bien que les USA de Trump (puis de J.D.Vance peut-être) posent un homme sur Mars avant la Chine comme ceux de Kennedy (puis de Richard Nixon) avaient posé Neil Armstrong sur la Lune avant l’URSS en 1969. Musk rentrera en grâce si ses fusées Starship permettent de réaliser cet exploit.

Trump  passe pour imprévisible. N’est-il pas plutôt instable et cyclothymique ? Je disais à une amie juive en novembre 2024 qu’il était l’ami d’Israël et qu’elle devait se réjouir qu’il ait été réélu. Elle me répondit : « C’est un ami peut-être, mais il est fou ». Je n’irai pas jusque-là, mais certains de ses revirements sont alarmants et sans logique évidente. Lui sont-ils imposés par des voix célestes qui murmurent à son oreille comme à Jeanne d’Arc ce qu’il doit faire ? Encore la pucelle n’avait-elle pas comme lui, une oreillette qui lui intimait de brusquement virer de bord. Par exemple d’attaquer militairement le despote barbu de Téhéran Ali Khamenei et son effroyable régime dix jours après que Netanyahou l’ait fait sans crier gare le 13 juin précédent. Trump a hésité. Tergiverser encore nuisait à sa réputation d’homme d’action. A la fin, il s’est donné deux semaines de réflexion qu’il a réduites à deux jours. Son « Marteau de Minuit » a frappé le 22 juin. Avec six bombes de 13,6 tonnes, larguées sur les sites nucléaires iraniens profonds.

Ce fut la bonne décision au bon moment. On le comparait déjà au consul romain Quintus Fabius Maximus (275-203 avant JC), surnommé Ovicula (la petite brebis) et aussi Cunctator (le Temporisateur), Quintus Fabius tournait en rond autour de l’ennemi carthaginois envahissant l’Italie sans l’affronter directement. S’il avait parlé anglais il aurait dit comme Trump le mercredi 20 juin : « “I may do it. I may not do it. I mean, nobody knows what I’m going to do”. Motivé par l’exemple d’Israël bombardant l’Iran de Khamenei le vendredi 13 juin, Trump a attaqué les sites nucléaires iraniens dans la nuit du 22 juin 2025. Ses hésitations étaient-elles une ruse de guerre pour surprendre l’adversaire ? Ou l’attente d’une assurance que Moscou et Pékin ne réagiraient pas ? Sans tenir sa langue, comme souvent, Trump a alors révélé connaître la cachette du « guide » iranien. Mais, au lieu de l’éliminer, il a accordé un délai de grâce au  potentat à barbe et turban et a interdit à Netanyahou de l’abattre. D’où lui est venu ce bon conseil ?

Parlant à l’émissaire de Khamenei, Abbas Araghchi, Poutine a dit que Netanyahou et Trump avaient « implicitement discuté de la possibilité d’assassiner l’ayatollah Khamenei et d’un changement de régime en Iran ». D’où le savait-il ? Selon lui, cela aurait pu « plonger le Moyen-Orient dans une crise profonde ». De fait, cette « crise » aurait été fatale au régime iranien. Mais dangereuse aussi pour Poutine et son régime. La vie de l’autocrate russe n’est pas moins menacée que celle du « Guide Suprême » iranien. Donc Poutine s’est targué d’avoir empêché l‘assassinat de son allié iranien. En a-t-il dissuadé Trump ? Comment a-t-il fait ? A quel prix ?

Trump s’est finalement contenté d’exiger de Khamenei une « reddition sans conditions ». Bonne formule rappelant ce que les Alliés avaient exigé d’Hitler en 1945. Trump s’en est-il souvenu lui-même ? Il est peu probable que sa culture historique plonge si loin dans le passé. Pas plus que celle de ses proches conseillers. Qui la lui a soufflée ? Les méchantes langues  diront : les Russes. N’ont-ils pas conquis Berlin en mai 1945 ? Au lieu d’éliminer Khamenei comme Kadhafi pourquoi ne pas le conserver pour signer la reddition ? D’autant qu’il n’a pas eu la bonne idée de se suicider comme  l’avait fait  le « Führer » Adolf Hitler, [1] Faudra-t-il donc le mener à la potence pour l’éliminer comme Saddam Hussein ? Mais entretemps, il n’est plus question de « reddition sans conditions ». C’est déjà oublié. L’élimination du régime des Mollahs et de son chef alors qu’il était au bord du gouffre aurait pourtant garanti à Israël un demi-siècle de vie en paix et au monde un recul du terrorisme. Car l’Iran ne vise pas seulement Israël, mais l’Occident tout entier. « Une délégation iranienne s’était rendue récemment à Alger pour établir un accord de coopération visant à déstabiliser les démocraties occidentales »,  écrivent Paul Amar [2] et Emmanuel Razavi.[3] Khamenei a toujours cherché des « proxis » mieux placés que lui pour accomplir les tâches dangereuses.  


Netanyahou voulait en premier détruire l’arme atomique iranienne. En second, il voulait faire tomber le régime islamiste iranien pour installer à Téhéran une démocratie amie et raisonnable. Le premier objectif n’était pas pour déplaire à Poutine, ni à Xi Jinping, ni à Narendra Modi favorables comme Trump à la non-prolifération de l’atome. Les B-2 de Trump ont réalisé le premier objectif dans la nuit du 22 juin. Mais Trump s’est soustrait au second qui n’aurait pas plu à Poutine. Il a donc effectué une nouvelle volte-face dans la nuit du 23-24 juin en jouant à l’homme de paix magnanime qui épargne l’adversaire. Décrété en pleine nuit sans avertir personne son « cessez-le-feu » unilatéral a mis les gens à leur réveil devant le fait accompli.

L’aile volante B-2 de Northrop

Sa « Guerre des douze jours » était terminée. Le régime des Mollahs était sauvé. Netanyahou a dû être ulcéré qu’on stoppe l’offensive à mi-chemin. Khamenei a certainement été ravi et surpris, lui dont on clouait déjà le cercueil. Sans s’embarrasser de  palabres, Trump-le- pacifique a agi dans son style : « Fin du match. On a gagné. Tout le monde aux vestiaires ! ». Mais il y eut un petit contretemps. Les protagonistes n’avaient peut-être pas saisi l’incroyable consigne de cessez-le- feu et se sont bombardés encore un brin.

Khamenei a saisi sa chance au vol et  vite arrêté le tir. Ils a survécu. L’Homme de Washington piqua une crise en apprenant que Netanyahou ne lui obéissait pas illico. Il s’est déchaîné à contre l’ami israélien en des termes vite retirés des réseaux sociaux tant ils étaient de niveau « scène de ménage avec Mélanie ». Comme un enfant il répétait mécaniquement : « Je ne suis pas content », oubliant que le chef du gouvernement israélien l’avait chaleureusement remercié et applaudi au petit écran comme jamais personne auparavant après le coup du 22 juin. Heureusement, l’Israélien a pu arguer que les Iraniens avaient rompu avant lui ce cessez-le-feu.

Alors Trump s’est calmé. Il a fait l’éloge de Netanyahou et prié la justice israélienne d’abandonner les poursuites mesquines à son encontre. En contrepartie, lors d’un dîner à la Maison Blanche, le 16 juillet suivant, Netanyahou a remis à Trump une copie de la lettre qu’il a adressée en sa faveur au Comité Nobel de la Paix, soulignant que le président américain a rétabli la paix à plusieurs endroits du monde, y compris entre l’Égypte et l’Éthiopie, entre Israël et des États arabes avec les accords d’Abraham et mis fin au récent conflit entre l’Inde et le Pakistan. Trump, ému, a remercié son « ami Bibi ».[4]


Aux abois, Khamenei  avait dépêché son dévoué Abbas Araghchi à Genève où celui-ci n’avait pu apaiser les Occidentaux par une offre de « négociation complète ». Le divin messager était alors allé remettre à l’allié Poutine une demande pressante de soutien que celui-ci ne pouvait satisfaire dans l’immédiat, puis il s’était rendu au Qatar et à Oman où pullulent les hommes pieux et barbus. En même temps, une avalanche de ministres iraniens des Affaires étrangères aux noms et visages différents de celui d’Araghchi mais porteurs du même titre et du même message que lui, parcourait les terres musulmanes en quête de secours. Histoire aussi de montrer qu’Israël n’avait pas occis tout le personnel qualifié iranien et qu’on ne manquait pas de supplétifs. Mais ce n’est pas cette prolifération de ministres verts islam qui a sauvé la République des barbus. Ce fut l’œuvre inattendue de Trump, faiseur de paix.

Peut-on refuser un cessez le feu ? Surtout garanti par la puissante Amérique ! Le 26 juin, Trump s’est publiquement félicité que l’arrêt des combats décrété par lui soit respecté. Effectivement, le stop aux bombardements réciproques a soulagé Israéliens et Iraniens mais aussi les voisins, Irak, Qatar et Oman, Syrie et Liban, Jordanie et Egypte et surtout la Russie. L’armée israélienne et ses réservistes avait besoin d’un peu de repos. Les munitions commençaient à manquer aux trois boucliers superposés du Dôme de fer. Arrachée de nuit au sommeil par les sirènes pour courir aux abris bétonnés, la population israélienne était à bout de souffle et de nerfs.

De même en Iran où les bombardements israéliens, sans viser les civils, à la différence des bombes, missiles et drones iraniens (et russes en Ukraine), font quand même des victimes collatérales. D’autant qu’en Iran, le régime chiite a laissé les malheureux civils sans protection anti-aérienne ni abris terrestres. Eux dont la vie importe peu à leurs tyrans et maîtres, étaient bloqués par manque d’essence dans les villes où l’aviation israélienne pilonnait les forteresses de l’appareil répressif, police, pasdarans, bâtiments administratifs des Ayatollas, l’immeuble de la télévision d’où l’on a vu fuir « en live » la speakerine voilée en pleine émission.

Dans l’immédiat, Netanyahou doit régler le problème de Gaza qui devient infernal et hystérise l’opinion mondiale gagnée par le « palestinisme internationaliste ». L’égérie franco-syrienne en keffieh Rima Hassan, secondée par Greta Thunberg, s’est faite l’apôtre de cette nouvelle idéologie. Mme Hassan a ensorcelé le meneur des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, qui l’a comparée à Victor Hugo lors deson héroïque retour de sa luxueuse confrontation avec l’ennemi israélien. Elles avaient été accueillies aimablement toutes deux avec leurs accoùâgnateurs par les soldats israéliens avec des sandwichs à la viande de dinde, ce que Madame Thunberg, que l’on surnomme « Miss Krissprolls »,  grande végane devant l’Eternel, a sans doute considéré comme une agression. Elles furent poliment renvoyées à leurs pénates dans un avion confortable et gratuit et non pas gardées en otages comme c’est l’usage dans les pays islamistes. Mais le « palestinisme » organisé – on peut le nommer ainsi – progresse fortement dans l’opinion des démocraties occidentales et gagne même les milieux gouvernementaux et fait douter même les amis d’Israël. Pourtant… pourtant, il était visible même pour des ignorants que le film de propagande diffusé sur TF1 en France au Journal de 20 heures, était un leurre, un Fake, comme on dit, tourné à la sauvette par des cadres du Hamas après qu’on leur ait donné le feu vert à Paris. Mais personne n’a analysé, ni protesté et les chiffres de victimes palestiniennes sont toujours donnés par le célèbre « ministère de la Santé du Hamas » pour les medias occidentaux qui les reprennent sans aucun recul.


Le voyage en bateau des deux Amazones et de leurs accompagnateurs masculins proches du milieu terroriste pro-iranien, était visiblement téléguidé de Téhéran. Car les Ayatollahs, en mobilisant l’« Internationale Palestinienne », visent bien au-delà d’Israël vers l’Afrique et l’Europe. Ainsi, pour poursuivre Netanyahu comme comme « génocidaire » devant la Cour Pénale Internationale, le président sud-africain Cyril Ramaphosa avait-il obtenu en janvier 2024 un don financier de quelque 25 millions d’Euros  de l’Iran et du Qatar  afin de renflouer son parti l’ANC d’Afrique du Sud gravement endetté. Ces trois États, l’Afrique du Sud, le Qatar et l’Iran, ont formé un soi-disant « Axe de la Résistance », essentiellement contre Israël, mais en réalité contre la démocratie européenne.

Un bien noble titre pour une coalition terroriste ! Depuis, Poutine considère personnellement depuis l’Afrique du Sud comme un État ami. L’Axe a soudoyé en effet Ramaphosa pour contrecarrer l’accusation du chef du chef du Kremlin devant la Cour pénale internationale en inculpant Nenyahu. La Russie, en guerre, ne pouvait pas payer. D’autres ont payé le Sud-Afrcain pour elle.

Israël et le Monde libre sont déçus de voir le régime meurtrier de Téhéran soit toujours en place, quoique très fragilisé, et obtienne des soutiens en Afrique. C’est un malheur pour la résistance iranienne, en particulier pour la révolte « Femme, Vie, Liberté » de jeunes Iraniennes courageuses, asservies sous le voile islamique, qui risquent d’être battues et violées en prison si elles osent arracher de leur tête en public ce voile humiliant. En envoyé de Satan qu’il est, et non de Dieu comme il le prétend. l’imposteur Ali Khamenei a fait de son pays et du Moyen Orient un enfer. Ses molosses sont restés au pouvoir et l’autre génocidaire, Poutine, est son allié. Il faut craindre à présent que les tyrans qui gouvernent l’Iran ne se vengent de leur défaite humiliante sur la population. Ce  réflexe est déjà à l’œuvre. Ils se déchaînent, arrêtent sans raison et au hasard, y compris des otages européens, condamnent à mort et pendent.

Ils ne pourront être renversés que de l’intérieur. Mais il manque aux Iraniens une figure connue, modérée  et pondérée pour incarner la Résistance et retourner à une société normale et supportable. Elle ne peut guère sortir des rangs des Moudjahidines du Peuple, gauchisants, plutôt marxistes, exilés, avec encore quelques cellules clandestines à l’intérieur du pays. En 1979, le parti communiste iranien s’était rallié à Khomeiny contre le Shah. Il s’est fait massacrer et emprisonner. Quant à l’opposition libérale, elle est faible face à la violence du pouvoir religieux. L’opposition factice dans la caste des Ayatollahs n’est pas crédible. Le peuple veut un vrai changement de régime. Sous le président actuel, le docteur urgentiste Masoud Pezeshkian, élu en 2024 et faux libéral qui a  pris parti contre la révolte des femmes, les emprisonnements et les pendaisons ont crû comme jamais. On a compté 800 pendaisons de janvier à juin 2025. Le régime ne les cache pas. La  peur qu’il répand est sa meilleure arme pour s’imposer en Iran.

En affirmant qu’Israël a voulu « renverser la République islamique par la guerre », l’ayatollah Ali Khamenei a dit pour une fois la vérité. Le « guide suprême »  a déclaré à Téhéran, le 16 juillet 2025, en référence à l’assassinat de hauts gradés et de frappes contre des bâtiments officiels iraniens que « le plan des agresseurs a consisté à affaiblir le système en ciblant certaines personnalités et centres sensibles en Iran », Il n’a pas dit qu’au moins 71 % des Iraniens regrettent que ce plan n’ait pas été couronné de succès. Un sondage secret des services du régime islamique avait établi il y a deux ans en effet que tel était le pourcentage de population iranienne hostile au pouvoir des Mollahs. Entre-temps, ce pourcentage a dû augmenter. Quant au mot « agresseur », Israël a subi des agressions des décennies durant sans répliquer jusqu’à ce que le pogrom du 7 octobre déclenche la riposte attendue. l’ayatollah Ali Khamenei a dit la vérité. Il n’a pas dit qu’au moins 71 % des Iraniens regrettent que ce plan n’ait pas été couronné de succès. Un sondage secret des services du régime islamique avait établi il y a deux ans que tel était le pourcentage de population iranienne hostile au pouvoir des Mollahs. Entre-temps, ce pourcentage a dû augmenter. Quant au mot « agresseur », Israël a subi des agressions des décennies durant sans répliquer jusqu’à ce que le pogrom du 7 octobre déclenche la riposte attendue.


Israël avait baptisé non sans raisons son attaque contre le régime des Mollahs « Rising Lion »,[6] par allusion à l’animal héraldique de la monarchie persane,  chassée de Téhéran il y a 46 ans. Son héritier actuel Reza Cyrus Pahlavi, fils aîné du dernier Shah Mohamed Reza Pahlavi, mort en exil au Caire en 1980, est la personnalité oppositionnelle la plus connue en Iran et à l’étranger..

Reza Cyrus Pahlavi

Fut-ce un signe précurseur qu’à 17 ans, ml’héritier du trône (ci-dessus) soit allé aux États-Unis suivre une formation de pilote de chasse ? Comme les pilotes israéliens qui ont tiré sur les lancemissiles des Mollahs. L’intention du prince Reza est de fonder à Téhéran avec son propre parti une monarchie constitutionnelle comparable à l’actuelle monarchie espagnole. Ruiné par les Mollahs et les sanctions qu’ils se sont attirées par leur faute, ainsi que par le coût exorbitant de la bombe A,  l’Iran, avec près de 100 millions d’habitants, est encore un grand et jeune pays où l’âge moyen est de 36 ans. 

« La jeunesse iranienne est entrée dans une guerre d’usure avec le régime », a dit le prince Reza Cyrus Pahlavi qui suit attentivement la révolte permanente dans son pays. Une élite monarchiste a survécu. De même une élite intellectuelle instruite, féminine aussi. La classe moyenne est appauvrie mais existe encore. Tout est prêt pour accueillir la liberté et recréer la prospérité. De plus, l’Iran parle une langue indo-européenne. Ce n’est certes pas dans l’intérêt de Poutine que ce pays devienne, débarrassé des Mollahs, une grande puissance démocratique. Mais c’est dans celui de l’Union européenne.

Il est rare qu’un régime survive à des défaites comme celles subie en juin 2025 par les Ayatollahs. Reza Pahlavi a dit dans un discours que Khamenei s’était terré dans un Bunker souterrain « comme un rat ». Nous dirions plutôt « comme Hitler » en avril 1945. Mais il  manœuvré de façon à sauver sa peau et son régime blessé. On ne peut savoir encore si le Dauphin iranien devra regretter cette occasion manquée pour assurer la transition vers la démocratie par le « soulèvement national » auquel il a appelé ses compatriotes dans une allocution sur les réseaux sociaux le 13 puis encore le 17 juin derniers. Le 23 juin, il a donné une conférence de presse à Paris. C’est inexact de dire qu’il ne s’est adressé qu’en anglais à ses compatriotes.[7] A Paris peut-être. Sinon il prononcé une superbe harangue en farsi[8] sur Internet citant les noms de villes de sa patrie. Il a un programme cohérent et rationnel. Son modèle est l’actuelle monarchie constitutionnelle espagnole Il a rompu avec les méthodes absolutistes de son défunt père. Il a appris de son intelligente mère Farah Pahlavi, née Farah Diba en 1938, réfugiée en France. La gauche occidentale n’a guère d’arguments pour le dénigrer. Elle ne peut que prétexter dans ses gazettes qu’il « n’est pas retourné en Iran » depuis 45 ans, qu’il est « controversé ». Elle véhicule parfois le mensonge des Mollahs selon lequel la chute de Khamenei engendrera « le chaos ». Mais le dauphin Reza a réveillé l’espoir. Si les Mollahs restent à la barre, la population iranienne sera la grande perdante. Elle le sait. Reste-t-il aux Mollahs assez de forces de coercition pour réprimer la colère qui va monter ?


Comme l’a dit Reza Pahlavi à ses compatriotes : « L’Iran est entre vos mains et sa récupération dépend de vous ». Il s’est déclaré en faveur d’une révolte non-violente, par la résistance passive, travail au ralenti, désobéissance, voyant le régime des Mollahs « en train de sombrer ». Comme lui, le chef du gouvernement israélien avait appelé les Iraniens à se soulever contre le régime islamiste. Mais il n’en a rien été durant « La guerre des douze jours ». Comment une révolte aurait-elle pu avoir lieu sous les bombes ? Retombé sur ses pieds, le régime des Mollahs a relancé l’hystérie coranique collective et béni une énorme cérémonie funèbre à sa manière en faveur des scientifiques nucléaires iraniens tués par les Israéliens. La propagande des Mollahs a prétendu avec un Fake photographique qu’Israël avait bombardé sans discernement la prison d’Evin à Téhéran et causé la mort de 71 personnes dont des détenus. Un chiffre de victimes aussi fantaisiste que ceux que délivre quotidiennement le fameux « ministère de la Santé du Hamas » à Gaza. La répression a repris de plus belle, la police arrête à tour de bras et l’on pend à satiété. La théocratie sanguinaire du clergé chiite a recommencé de plus belle depuis le 25 juin sa chasse à l’homme et à la femme avec les kidnappings au hasard et les pendaisons d’innocents taxés d’espionnage. Jusqu’à quand sévira encore le totalitarisme religieux ?


Trump veut à nouveau envoyer des négociateurs aux Mollahs. Il a calmé les Chinois en leur assurant que le pétrole iranien continuera à leur parvenir. N’a-t-il pas statué que l’Iran est « un grand pays commercial » ? Heureusement, la chance des démocrates iraniens réside dans le fait que les Etats-Unis d’Amérique sont un pays complexe avec des forces d’opposition et que Trump a appris qu’il ne peut laisser de côté l’Europe. Il a ses limites. Il a encaissé un coup bas dans son propre pays. Ayant assuré sans preuves tangibles d’avoir tapé « en plein dans le mille » en Iran, comme il l’a dit, avec ses B-2 en forme de raies Manta, qui auraient anéanti les sites profonds de fabrication de la bombe atomique iranienne, il a été démenti par sa propre armée.

 Ces avions du futur à 2, 2 milliards pièce s’étaient avérés aptes à larguer au but à la distance planétaire de 11 000 km de leur base leurs bombes anti-bunker GBU-57. Un bulletin du  Pentagone a fuité vers la chaîne CNN. Selon cette analyse, l’attaque des B-2 n’a ni détruit l’ensemble des centrifugeuses iraniennes, ni les 400 kg d’uranium enrichi à déjà 68 %. Une expertise du Pentagone, de la CIA et du Mossad, dit que seules les entrées des sites auraient été obstruées par les bombes perforantes américaines et que le répit gagné par Israël ne serait pas de quelques années, mais de quelques mois. Les 400 kilos d’uranium illégalement enrichi aurait été transportés avant l’attaque américaine au site nucléaire iranien du Mont de la Pioche qui culmine à 1 600 m d’altitude au Sud de Téhéran.

Pourquoi la colonne de camions filmée par satellites aux portes du site de Fordo peu avant l’attaque ultime n‘avait-elle pas été détruite ? Khamenei, défiant la planète, a interdit aux inspecteurs de l’AIEA de revoir les sites iraniens.[9] La Maison Blanche a démenti mordicus ces informations dérangeantes du Pentagone. Après la porte-parole du gouvernement, on a dépêché à la télévision le vice-président Vance pour avertir les Mollahs qu’ils n’auront jamais la bombe atomique et que les USA disposent d’une bombe stratégique intelligente laquelle, lancée directement de chez eux, atteindrait n’importe quelle cible en Iran. Est-ce assez pour rassurer Benjamin Netanyahou qui a souligné lui aussi que l’Iran n’aura jamais l’arme nucléaire.

En accord avec le chancelier allemand, le président français Emmanuel Macron a assuré son hostilité à une bombe atomique iranienne. Façon gaullienne et mitterrandienne de se rallier aux Etats-Unis autour d’un intérêt vital. Après avoir plaidé comme Macron la désescalade des deux côtés afin que le conflit ne s’étende pas aux pays voisins, le chancelier allemand Friedrich Merz était allé plus loin, le dimanche 15 juin 2025, lors du sommet du G7 [10] à Kananaskis (Alberta) au Canada, en félicitant l’armée israélienne pour son initiative avec ces mots: « C’est le sale boulot que fait Israël pour nous tous ». Merz et Macron ont également souligné ensemble leur soutien  indéfectible à l’Ukraine.

Au moins, l’armée américaine a-t-elle obtenu que Donald Trump n’envisage pas au sommet de l’OTAN de La Haye, le 25 juin suivant, de quitter l’Alliance atlantique, qu’il ne menace plus des alliés fidèles comme le Danemark et son Groenland, comme le Canada et le Panama voisins de les conquérir comme le fait Poutine dans son « étranger proche » (Ukraine, Géorgie, Moldavie, Etats baltes, Roumanie, Finlande, etc.). Les 32 pays européens membres de l’Alliance atlantique, sauf l’Espagne, ont consenti aux USA de monter à 5% de leurs budgets leurs dépenses militaires. Trump, enfin, a rassuré un peu ses alliés en avouant qu’il lui était « difficile de négocier » avec Poutine.  Il lui a lancé un ultimatum de 50 jours pour faire un cessez-le-feu en Ukraine. En attendant , il revend à nouveau aux Ukrainiens des missiles anti-missiles « Patriot » qu’il leur avait refusés. Commence-t-il à comprendre ?

Toujours est-il que les Européens (et le Canada) doivent se hâter de mettre au point leurs missiles « Mamba » plus performants que les « Patriots » et de les tester en Ukraine. Et aussi de substituer aux F 16 américains dont les déficiences sont manifestes pour les remplacer par des Rafales et des Starfighters dernière génération.

L’attaque israélo-américaine contre l’Iran aura-t-elle été pour rien ? Le vent d’espoir qui a soufflé quelques jours en Iran contre l’étouffoir chiite va-t-il retomber ? N’oublions pas qu’à la fin de son premier mandat, Trump avait fait cadeau aux Talibans islamistes d’un Afghanistan que l’armée et l’administration américaines avaient rendu à la civilisation et extrait de la chape de plomb islamiste. On a vu les tragédies évitables qui se sont produites en août 2020 à Kaboul et l’on voit ce qu’il advient entretemps de ce pauvre pays et de ses malheureuses femmes plus asservies encore qu’en Iran à la toute-puissance d’hommes qui se pretendent chargés par Allah de faire fouet en main le bonheur du monde. Par maladresse, égoïsme ou ignorance, Trump livrerait-il les Iraniens et Iraniennes et les Ukrainiens aussi, pieds et poings liés à leurs oppresseurs comme il l’a fait pour les Afghans ? Son problème aujourd’hui est qu’il n’est pas seul à décider, les Européens, les Ukrainiens, les Israéliens, voir les Géorgiens et les Arméniens ont leur mot à dire, instruits par l’Histoire. (Jean-Paul Picaper. FOENIX,5.7. 2025)



[1] Le mot allemand Führer signifie Guide.

[2] Journaliste français d’origine juive algérienne, né en 1950 à Constantine. Auteur de « La face cachée des Mollahs ».

[3] Co-auteur avec Jean-Marie Montali de « La pieuvre de Téhéran »(Editions du Cerf, paru le 27 juin 2025). Interview dans « Le Point » du 26 juin 2025, p. 64. Dossier « Les réseaux des mollahs en France ». On y apprend qu’un accord aurait été passé entre services secrets iraniens et algériens pour agir en Afrique et en France et déstabiliser les Etats européens.

[4] Bibi surnom de Benjamin Netanyahou en Israël.

[5] Comme on l’apprend dans le livre « La Pieuvre de Téhéran » de Jean-Marie Montali et Emmanuel Razavi, (voir plus loin) un accord a été passé récemment  entre services secrets iraniens et algériens pour agir en Afrique et en France à des fins de déstabilisation.

[6] Traduction littérale : « Le Lion dressé », « Le Lion debout ».

[7] Comme l’a écrit Régis Le Sommier dans le Journal du dimanche du !9 juin 2025 p. 20..

[8] La langue persane.

[9] L’Agence Internationale à l’Énergie Atomique qui veille notamment au respect du Traité de non-prolifération signé en principe par l’Iran.

[10] Le Groupe des 7 créé en 1973-76 sous Gerald Ford, Helmut Schmidt et Valéry Giscard d’Estaing comprend les pays industriels les plus développés (sans l’Inde, la Chine et la Russie) : Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, plus les États-Unis et le Royaume Uni britannique. L’Union Européenne en fait partie comme membre associé. Le G7 est devenu une sorte de gouvernement consultatif du Monde Libre.