La Turquie dévoile la plus grosse bombe non-nucléaire du monde
La détonation de la bombe à fragmentation Gazap, qui signifie « colère » en langue turque, peut provoquer une chaleur de près de 3000°C capable de faire fondre l’acier et le béton. Elle peut également projeter trois fois plus d’éclats que les autres armes à fragmentation.
C’est un grand coup que vient de frapper la Turquie lors du 17e Salon international de l’industrie de la défense (IDEF, International Defence Industry Fair) 2025 à Istanbul. Le pays de Recep Tayyip Erdogan, qui s’est déjà illustré ces dernières années grâce à ses drones, a en effet révélé la plus grosse bombe non nucléaire du monde. Avec ses 970 kilos et sa technologie novatrice, cette arme appelée Gazap — colère en turc — rivalise presque avec ses équivalentes atomiques.
Brûler jusqu’à l’os, faire fondre l’acier
Conçue par le centre de recherche et développement du ministère turc de la Défense nationale, elle a d’ores et déjà passé toutes les phases de test et de certification. Selon le site Interesting Engineering, qui relaie les médias turcs, elle pourrait donc d’ores et déjà être déployée et utilisée sur un théâtre d’opération. Et donc potentiellement vendue à un État ou à un autre dans ce but.
Ce qui rend cette arme si puissante tient d’abord au fait qu’elle appartient à la catégorie des armes thermobariques, aussi appelées armes à explosion carburant-air. Ces dernières embarquent généralement une réserve de carburant qui une fois libéré dans l’air par un premier dispositif forme un nuage hautement explosif dont la détonation est provoquée par un second dispositif. Et les conséquences sont ravageuses. Gazap peut en effet provoquer une chaleur extrême de près de 3000°C capable de faire fondre l’acier et de détruire le béton. Quant aux humains, cela peut les brûler jusqu’aux os.
Une arme à fragmentation dévastatrice
Autre spécificité destructrice, la bombe Gazap est une arme à fragmentation capable de libérer 10 000 éclats sur une zone d’un kilomètre de rayon. En moyenne 10,6 fragments touchent chaque mètre carré, soit plus de trois plus que les 3 éclats par mètre carré des bombes à fragmentation traditionnelle. La version actuelle de cette munition peut être larguée depuis des chasseurs F-16 ou F-4 Phantom mais les autorités turques prévoient une version compatible avec des drones.
Une bombe peut en cacher une autre
À l’occasion de ce salon, la Turquie a également présenté une autre bombe, moins tape-à-l’œil mais aussi importante pour les conflits futurs. Nommée Hayalet, fantôme en turc, ou NEB-2, elle pèse elle aussi autour de 970 kilos. Mais elle a une autre spécialité : détruire les bunkers les plus profonds ou les bâtiments les plus renforcés. Et d’après Istanbul, elle est la plus efficace du monde pour cette mission.
« Normalement, dans les centrales nucléaires, les missiles américains pénètrent 2,4 mètres (7,8 pieds) de béton C35 (béton standard). NEB-2 pénètre 7 mètres de béton C50, trois fois plus résistant que celui utilisé dans les centrales nucléaires », a expliqué un responsable turc à nos confrères locaux. Or, quand on sait que Vladimir Poutine pourrait avoir une stratégie pour s’en prendre aux centrales nucléaires de l’OTAN, il y a de quoi s’inquiéter franchement.
