Gaza : Tsahal se retire sur la ligne de cessez-le-feu, mais le Hamas ne désarme pas

La joie ressentie règne encore en Israël suite au retour le 13 octobre 2025 des otages encore vivants et la déclaration du président Trump selon lequel « ce long et douloureux cauchemar est enfin terminé ». Mais le deuil requis par la religion juive et les familles des morts n’est pas totalement permis. Car le Hamas est loin d’avoir restitué les corps des otages décédés, une douzaine sur 28, parmi eux, ceux d’Inbar Haiman, la dernière otage, et du soldat Muhammad el-Atrash, tué le 7 octobre, qui servait dans la brigade Nord de la division de Gaza de Tsahal.

Parallèlement, les forces armées du Hamas ont immédiatement comblé le vide laissé par le retrait de l’armée israélienne et réaffirmé leur pouvoir en tuant publiquement dans la rue des membres de clans rivaux et des hommes qu’il accuse de collaborer avec Israël. C’est une pratique usuelle des islamistes : on exécute publiquement des prisonniers, des otages, des personnes condamnées sans appel au hasard pour s’imposer par la terreur. Dans l’Etat islamique, les élections sont fictives : le pouvoir s’impose par la gâchette du fusilleur, la potence ou le sabre du décapiteur. Mondialement diffusées, ces exécutions filmées sont un défi au plan de paix de Donald Trump accepté par Benjamin Netanyahou. Cela veut dire que le groupement terroriste revendique la gouvernance de Gaza refuse de se laisser désarmer et considère Israël comme son ennemi permanent.

Au même moment, la pseudo-justice iranienne à Téhéran condamnait deux otages français notamment à de très lourdes peines de prison équivalent à la port pour un prétendu espionnage en faveur d’Israël. Il est difficile de ne pas voir une connivence entre l’Iran des Mollahs et le Hamas qui se réinstalle offensivement à Gaza avec ses méthodes cruelles et expéditives, comme cela s’est fait à Téhéran avec des arrestation s et exécutions dès que Donald Trump a laissé la théocratie islamiste revenir au pouvoir alors qu’elle était à bout de souffle. Trump a déclaré à plusieurs reprises que la guerre à Gaza était terminée. Interrogé par CBS News sur le sujet, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a exprimé un point de vue différent, déclarant qu’Israël avait « accepté de donner une chance à la paix », avant d’ajouter plus tard dans l’interview qu’il devait encore « mettre fin à la guerre le plus rapidement possible ». Pour le Premier ministre israélien, la guerre n’est pas terminée. N’étant plus sous la pression du chantage aux otages par lequel le Hamas divisait l’opinion publique israélienne, Netanyahou a désormais les mains libres et peut préparer « le temps d’après ».

Le 21 octobre le vice-président américain Vance a atterri en Israël. Venu visiblement pour rassurer Israël et les Palestiniens, il s’est prononcé en public pour l’ »oblitération » du Hamas, tel a été le terme qu’il a employé, si celui-ci Hamas ne déposait pas les armes et ne renonçait pas à exécuter des Palestiniens, conformément aux accords. Pendant ce temps aux Etats-Unis une aile du Parti Démocrate s’agitait contre Israël, manifestant contre l’occupation totale de la bande de Gaza par l’Etat hébreu, intention qui n’est pourtant pas confirmée par les faits à l’heure actuelle.

L’avenir de Gaza reste incertain, malgré l’accord d’Israël sur le plan en 20 points de Trump pour la région. Le Hamas n’a accepté que les mesures immédiates : l’arrêt de la guerre, son désarmement et son retrait politique et matériel de la Bande de Gaza. Le seul point acquis a été la libération des otages en échange de 1 950 prisonniers, dont ceux qui ont tué des Israéliens lors d’attaques terroristes. Le retrait d’Israël sur une ligne précise à l’intérieur de Gaza a été de suite effectué, mais sans sortir de l’enclave palestinienne où Tsahal peut continuer à faire la chasse aux terroristes.

Trump avait publié le mercredi 15 octobre sur son réseau « Truth Social« , que la deuxième phase du plan, qui prévoit le désarmement du Hamas et la démilitarisation de la bande de Gaza, « commence immédiatement ! ». Pourtant, un responsable israélien a confirmé à « Jewish Insider » une information selon laquelle, le Hamas retenant la plupart des corps d’otages restants, les négociations pour passer à la phase suivante du plan sont suspendues.

Le désarmement du Hamas et la démilitarisation de Gaza doivent se dérouler « sous la supervision d’observateurs indépendants », mais ces observateurs n’ont pas encore été sélectionnés et envoyés dans la région. Le Conseil de paix annoncé – et dirigé – par Trump, avec la participation de l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, et censé superviser l’administration de Gaza par des technocrates palestiniens, n’a pas encore été formé, pas plus que la Force internationale de stabilisation temporaire, censée former la police palestinienne et faire partie de la « solution de sécurité intérieure à long terme » pour Gaza et Israël.

Une fois de plus comme dans la plupart de ses proclamations de paix qu’il a fièrement annoncées au monde, le « deal » de Trump n’a obtenu qu’un cessez-le-feu momentané sans aller jusqu’à la victoire finale et en abandonnant l’avenir au fauteur de guerre. En l’occurrence le Hamas. Alors que sera-ce- s’il cède des territoires ukrainiens à Poutine contre un cessez-le-feu qui donnerait un répit au maître du Kremlin ? Ce serait en tout cas un délit en droit international contre l’Ukraine et l’Union Européenne.

(C’l’Europe“ avecLahavArkov. Jewish Insider. 16/10/- 22/10/2025)