Cela vaut la peine de cliquer sur le lien ci-après et d’écouter cette conférence Youtube complète et riche sur l’évolution de l’homme (des hominines, selon le mot des paléontologues), à partir de ses ancêtres primates bipèdes jusqu’à l’homo sapiens que nous sommes devenus. D’excellentes reconstitutions de visages et de corps premiers façonnées par des artistes à partir de fossiles animent le récit.
Cela a commencé deux millions d’années après la séparation du genre homo et du chimpanzé, notre cousin, avec l’apparition de l’australopithèque, premier bipède constamment debout mais encore capable de se réfugier dans les arbres. Le texte et les reconstitutions par l’image de ces arrière-arrière-grand-parents sont à la pointe des connaissances actuelles qui ont fortement évolué au cours des toutes dernières années.
Ils réfutent des idées reçues inexactes. On apprend notamment que la marche debout proche de la nôtre a été acquise bien avant la croissance du cerveau et la fabrication par la main des premiers outils rudimentaires. On apprend aussi que ce n’est pas la taille du cerveau qui importe mais la connexion des synapses. Des cerveaux plus petits peuvent avoir été plus performants à leur manière que les nôtres. Des cerveaux plus volumineux ont contribué à faire de la proie qu’était l’homme un prédateur. Ils requièrent en effet un approvisionnement carné intense en énergie.
Les premiers bipèdes qui avaient appris sur les branches la station debout n’ont pas eu pendant longtemps les pieds de coureurs de fond caractéristiques des humains. Les meilleurs étaient plutôt des coureurs de vitesse sur courtes distances, très en deçà des performances des tigres et des hyènes. Ils pouvaient parfois leur échapper sur des courtes distances pour se réfugier dans les arbres. Quand les forêts tropicales se sont réduites ne laissant que des bosquets distants sur des plaines à découvert, les meilleurs coureurs ont survécu et se sont reproduits.
Il est question aussi dans ce de l’usage tardif du feu et de l’aptitude assez récente à allumer le feu qui fut un immense progrès.Puis de l’apparition d’un protolangage qui devint le langage car l’imitation ne suffisait pas dans des sociétés en voir de complexification matérielle. Parler qui engendra la pensée abstraite puis symbolique, les mythes et leur représentation.
L’historique des buissons d’espèces d’hominidés qui nous ont précédés est aussi clairement exposé que possible et les lacunes entre lignées sont évoquées aussi précisément que possible, les hybridations, sujet dans le vent, suggérées. Australopithèque, Habilis, Paranthrope, Erectus puis Heidelbergensis et Néandertal se succèdent et souvent cohabitent jusqu’au petit homme de Flores seul sur son île. Nous pencherions pour l’idée que souvent les groupes humains ont cherché à préserver leur altérité et comportements et à ne pas trop se mélanger.
Les questions posées et les lacunes ouvertes sont faites pour éveiller chez les jeunes des vocations de préhistoriens. Cette science qui nous aide à prendre conscience de nous-mêmes est très attirante.
On en retire l’idée que le créationnisme est une idée fausse mais que de l’apparition de la vie sur terre, à plusieurs reprises à coup sûr entre des extinctions, a façonné les êtres uniques que nous sommes dont la carrière se perpétuera s’ils ne s’autodétruisent pas. Idée finale dominante : nous ne changeons plus guère car la culture et la technique en progrès ont remplacé les adaptations physiques.
Sauf que les jeunes d’aujourd’hui, y compris les jeunes femmes, grandissent de plus en plus. Nos descendants ressembleront ils au gigantopithèque, espèce éteinte, qui mesurait plus de 3 mètres et se nourrissait de bambous ? A quoi sert aujourd’hui une haute taille ? Ce géant végétarien inoffensif ne sera-t-il pas surdimensionné pour les futurs vaisseaux spatiaux ? (« C’l’Europe ». Janvier 2026)
